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Neurology

Les antennes 5G sont-elles dangereuses pour la santé ?

Malgré les inquiétudes suscitées par la multiplication des antennes 5G, les données scientifiques disponibles ne permettent pas d’établir de lien de causalité entre l’exposition aux radiofréquences et la survenue de cancers ou de troubles neurologiques. L’article Les antennes 5G

EC
EuroClinics Editorial 10 June 2026
5 min read 1,016 words

Malgré les inquiétudes suscitées par la multiplication des antennes 5G, les données scientifiques disponibles ne permettent pas d’établir de lien de causalité entre l’exposition aux radiofréquences et la survenue de cancers ou de troubles neurologiques.

À l’instar des générations précédentes de téléphonie mobile, la 5G utilise des ondes électromagnétiques pour transmettre des informations (image d’illustration. Crédit : Adobe Stock

Téléphones portables, Wi-Fi, antennes, objets connectés… L’exposition croissante de la population aux technologies sans fil nourrit des interrogations sur d’éventuels effets de la 5G sur la santé à long terme. Certains craignent notamment une augmentation des cancers, des troubles neurologiques ou d’autres effets liés à une exposition accrue aux ondes électromagnétiques.

D’où viennent ces inquiétudes, et que dit la science ? Canal Détox, la cellule de l’Inserm qui lutte contre la désinformation en santé, décrypte les données disponibles.

Qu’est-ce que la 5G ?

Comme les générations précédentes de téléphonie mobile (2G, 3G, 4G), la 5G utilise des ondes électromagnétiques pour transmettre des informations. Ces ondes appartiennent au domaine des « radiofréquences », des rayonnements dits non ionisants : contrairement aux rayons X ou aux UV, elles ne possèdent pas assez d’énergie pour ioniser la matière, c’est-à-dire arracher des électrons aux atomes et ne peuvent donc pas casser directement l’ADN.

À forte intensité, ces ondes peuvent produire un effet thermique, autrement dit un échauffement des tissus. Mais aux niveaux d’exposition réglementaires, cet effet reste très faible.

À lire aussi :  Quel est le vrai danger des ondes électromagnétiques ?

D’où viennent les inquiétudes ?

Les inquiétudes liées aux radiofréquences utilisées par les technologies mobiles, dont la 5G, s’inscrivent dans un débat scientifique ancien sur les effets des téléphones portables. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a ainsi classé[1] les radiofréquences comme « cancérogènes possibles ». Cette classification repose sur des données limitées chez l’humain, avec des résultats épidémiologiques suggérant de façon non systématique une possible association entre usage très intensif du téléphone portable et certains cancers cérébraux.

Les études expérimentales chez l’animal et in vitro n’ont, de leur côté, pas permis d’identifier de mécanisme cancérogène clair ni de résultats suffisamment robustes pour conclure à un lien de causalité.

Finalement, ce classement reflète avant tout une incertitude scientifique : certains résultats ont soulevé une interrogation, mais les données disponibles ne permettent pas d’établir un lien de cause à effet.

Que disent les données scientifiques les plus récentes ?

Après avoir analysé l’ensemble des données disponibles sur les effets biologiques et sanitaires des radiofréquences, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) conclut, dans son avis actualisé[2] d’octobre 2025, que les connaissances actuelles ne permettent pas d’établir de lien de causalité entre l’exposition aux ondes et la survenue de cancers aux niveaux d’exposition couramment observés dans la population.

Ces conclusions s’appuient sur l’analyse de grandes études épidémiologiques internationales, telles que Cosmos[3] et Mobi-kids[4], menées avec la participation des équipes de l’Inserm. Ces travaux, qui suivent depuis plusieurs années des dizaines de milliers de personnes, n’ont pas mis en évidence de signal robuste et reproductible d’augmentation du risque de cancer lié aux usages courants des technologies sans fil.

L’Anses note toutefois que la multiplication des antennes relais 5G et l’évolution des usages numériques mobiles associés à cette technologie (notamment le visionnage et le partage de vidéos sur smartphone) contribuent à une augmentation progressive de l’exposition aux radiofréquences, surtout en ville.

Dans ce contexte, l’Anses recommande de poursuivre les recherches pour mieux documenter les effets des radiofréquences sur la santé à long terme et suivre ainsi l’évolution globale de l’exposition de la population.

En bref, que faut-il retenir ?

Les études disponibles ne mettent pas en évidence de danger avéré de la 5G pour la santé aux niveaux d’exposition actuels.

L’évolution des usages numériques s’accompagne toutefois d’une augmentation des niveaux d’exposition aux radiofréquences, ce qui justifie la poursuite des recherches.

Dans ce contexte, l’Anses recommande un usage raisonné des technologies sans fil, en particulier chez les enfants : limiter l’usage du téléphone, éviter de s’en servir quand la connexion n’est pas bonne, se connecter à la Wi-Fi plutôt que sur les réseaux mobiles en intérieur ou encore privilégier le kit mains libres ou le haut-parleur pour éloigner le téléphone du corps.

Ces gestes simples s’inscrivent aussi dans une approche plus globale de prévention des effets néfastes des écrans sur la santé, déjà bien documentés : un sommeil de moins bonne qualité à cause de la lumière bleue, ou encore une sédentarité renforcée, en particulier chez les jeunes.

Cet article a été écrit avec le soutien de Julien Modolo et Anne Canovi, chargés de recherche au Laboratoire traitement du signal et de l’image (LTSI U1099) de l’Inserm et de l’université de Rennes, dirigé par Mireille Garreau, dans l’équipe Cinetyks. Julien Modolo est également vice-président de la section Rayonnements non-ionisants de la Société française de radioprotection (SFRP), et dirige le groupe de travail international sur les Rayonnements non-ionisants de l’Irpa (International Radiation Protection Association).

Sources

[1] International Agency for Research on Cancer, Iarc classifies radiofrequency electromagnetic fields as possibly carcinogenic to humans, mai 2021

[2] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Radiofréquences et cancer : rapport d’expertise collective, octobre 2025

[3] International Agency for Research on Cancer, Étude de cohorte sur l’utilisation des téléphones portables et santé

[4] Registre national des cancers de l’enfant, Mobi-kids

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Source. INSERM (Institut national de la santé) — INSERM Press, attribution required
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